Présentation de la randonnée
Au cœur de la Sologne loir-et-chérienne, cette boucle de 10,43 kilomètres dévoile tout ce que cette région tient secret : grandes allées forestières ombrées, étangs discrets, fermettes seigneuriales et, en point d'orgue, le magnifique château du Mesnil. L'itinéraire relie Dhuizon à Villeny à travers la forêt des Muids, l'une des plus belles massifs de chênes et de pins de la Sologne centrale, avant de plonger vers les terres de l'ancienne commune de La Motte Bonneville, aujourd'hui disparue des cartes mais toujours présente dans les mémoires locales.
La randonnée est classée facile : le dénivelé positif est de seulement +22 mètres, et le point haut culmine à 132 mètres. Le terrain, essentiellement composé de chemins forestiers, d'allées cadastrales et de petits chemins ruraux, ne présente aucune difficulté technique. Avec ses 3h05 de marche effective, cette sortie convient parfaitement aux familles avec enfants de plus de 8 ans, aux marcheurs peu entraînés et à tous ceux qui souhaitent s'immerger dans l'atmosphère singulière de la Sologne sans effort excessif.
Accès et départ
Le départ s'effectue depuis l'aire de repos située sur la D18, axe reliant Dhuizon à Villeny. La pancarte de l'aire est peu visible en raison de sa vétusté, mais les aménagements du site ont été récemment rénovés. Pour la localiser précisément sans GPS, voici trois repères kilométriques :
- Depuis l'église de Villeny : 4,55 km en direction de Dhuizon — l'aire est sur la droite
- Depuis le croisement D18/D925 : 2,35 km
- Depuis l'église de Dhuizon : 4,36 km en direction de Villeny — l'aire est sur la gauche
Les coordonnées GPS du départ sont : N 47.599589° / E 1.712002°. Le parking est gratuit, en accès libre, et suffisamment grand pour une dizaine de véhicules. Aucun commerce ni sanitaire n'est disponible sur place ; prévoyez votre ravitaillement et de l'eau avant de partir.
Itinéraire détaillé
Segment 1 : Départ vers la forêt (D/A → point 2)
Depuis l'aire de repos, prenez la D18 à gauche sur quelques dizaines de mètres, en restant vigilant face à la circulation. Sur votre droite s'ouvre une allée forestière menant à Bicherieux (VC10) : laissez-la pour l'instant et continuez sur la route. Peu après, obliquez à droite dans l'allée suivante, qui s'enfonce résolument dans le couvert des chênes et des pins.
Dès les premiers pas dans la forêt, la température baisse perceptiblement, et le silence s'installe — rompu seulement par le cri du geai des chênes ou le tambourinage d'un pic épeiche. Les sols sableux et acides de la Sologne, typiques des dépôts fluvio-glaciaires qui recouvrent ce plateau tertiaire, favorisent une végétation particulière : chênes pédonculés, pins sylvestres et pins maritimes dominent, accompagnés de fougères aigle, de bruyères cendrées et de genêts à balais.
Segment 2 : Allées forestières et premières fermettes (point 2 → point 3)
À la première croisée d'allées forestières, prenez à droite en direction du sud, jusqu'à une nouvelle intersection. Virez à gauche à angle droit, ignorez une allée sur votre gauche, et continuez en passant les fermes sur votre droite. Ces fermettes solognotes au toit de tuiles plates, aux murs de briques rouges et de torchis, sont typiques de l'architecture rurale de la région. Certaines sont encore habitées, d'autres ont été rénovées en maisons de campagne.
Le chemin traverse ensuite des zones alternant plaines ouvertes et couverts boisés. En dehors des périodes de chasse (septembre–mars), la faune est abondante : chevreuils, sangliers et faisans sont fréquemment observés à l'orée des bois, surtout aux heures matinales. La bécasse des bois, migrateur emblématique de la Sologne, fréquente ces sous-bois humides en hiver.
Segment 3 : Le château de la Giraudière et le Château du Mesnil (point 3 → point 4)
À la rencontre d'une grande allée, tournez à droite en tournant le dos au château de la Giraudière — une belle demeure solognote visible sur votre arrière — de manière à passer la ferme des Ormes sur votre gauche. Le paysage s'ouvre légèrement, laissant deviner l'horizon boisé qui caractérise toute la Sologne.
Virez ensuite à gauche sur le CR30, moins fréquenté, juste après les fermes sur votre droite. Laissez le chemin à gauche et poursuivez sur l'allée en ignorant les départs latéraux. Passez la ferme Bicherieux sur votre gauche, et avancez jusqu'au portail du Château du Mesnil.
Le château du Mesnil est le joyau de cet itinéraire. Inscrit au patrimoine architectural de la région, cet ensemble seigneurial est composé d'une demeure principale flanquée de communs, le tout entouré de douves en eau. L'allée rectiligne qui longe les douves offre une perspective saisissante sur l'architecture classique des châteaux solognots, aux toits d'ardoise et aux façades de brique et de tuffeau. Le site est privé, mais parfaitement visible depuis le chemin.
Segment 4 : L'étang de la Belle Fontaine et retour (point 5 → point 8 → D/A)
Abandonnez la belle allée bordant les douves pour obliquer à gauche. Un tracé rapidement bordé par un étang sur votre droite vous mène vers la D18, à proximité des fermes de « la Belle Fontaine » sur votre gauche. Tournez à droite sur la D18 et avancez environ 350 mètres avant d'emprunter sur votre gauche une allée forestière en direction de « La Maltière ».
À l'intersection en T, virez à gauche, puis à droite en direction de « l'Aunay ». Passez la magnifique ferme de la Maltière et son étang sur votre droite — un plan d'eau typiquement solognot, calme et sombre, entouré d'aulnes et de saules. Poursuivez tout droit vers le nord, en ignorant les différents départs latéraux, jusqu'à la D88. Empruntez-la à droite pour rejoindre l'aire de repos de départ.
Faune et flore remarquables
La forêt des Muids traversée par cet itinéraire est représentative de la Sologne viticole et forestière. Les formations végétales se succèdent :
- Chênaie-pineraie : association dominante, avec chêne pédonculé, pin sylvestre, bouleaux verruqueux et chèvrefeuille des bois
- Boulaie : peuplements purs de bouleaux sur les zones les plus humides et les plus acides
- Landes humides : bruyère à quatre angles, molinie bleue, sphaignes sur les rives des étangs
Côté faune, outre les grands mammifères déjà mentionnés, les étangs accueillent en automne et au printemps des canards colverts, des hérons cendrés et, pour les observateurs patients, parfois une loutre d'Europe — espèce protégée en cours de recolonisation sur les cours d'eau solognots. Les passionnés d'entomologie noteront la présence de nombreuses espèces de libellules (agrion jouvencelle, libellule déprimée) en bordure des étangs en été.
Conseils pratiques
- Équipement : Chaussures de randonnée ou baskets renforcées suffisent. En période humide (automne–printemps), les chemins sableux deviennent boueux : préférez des chaussures imperméables.
- Période idéale : Printemps (avril–juin) pour les fleurs de bruyère et la fraîcheur des bouleaux en feuilles ; automne (septembre–octobre) pour les couleurs dorées et les champignons. Évitez les week-ends de chasse (octobre–mars) si vous n'aimez pas le bruit.
- Balisage : L'itinéraire est balisé mais peu signalé. Munissez-vous d'une carte IGN (réf. 2121SB) ou téléchargez le tracé GPS avant de partir.
- Eau : Aucun point d'eau potable sur le parcours. Emportez au minimum 1,5 litre par personne.
- Animaux de compagnie : Les chiens sont tolérés mais doivent être tenus en laisse, notamment en période de chasse et à proximité des domaines privés.
- Accès en transport : La randonnée est difficilement accessible sans voiture. La gare la plus proche est Blois (30 km) ou Romorantin-Lanthenay (25 km).
Patrimoine et histoire locale
Cette randonnée traverse un territoire marqué par l'histoire solognote. Le château du Mesnil, dont les origines remontent au XVIe siècle, est l'un des nombreux manoirs et châteaux qui jalonnent la Sologne — une région qui fut longtemps le terrain de chasse favori des rois de France. Henri II, François Ier et Louis XIV ont tous séjourné dans ces forêts giboyeuses.
La commune de La Motte Bonneville, dont le territoire est traversé en fin de parcours, a fusionné avec Dhuizon au XIXe siècle. Il n'en reste aujourd'hui que des lieux-dits et quelques fermes isolées, témoins silencieux d'une organisation rurale aujourd'hui disparue. La lecture des cadastres anciens révèle un réseau de chemins encore partiellement préservé, que cet itinéraire emprunte en partie.
